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Nos féminités


Féminité: 1- Ensemble des caractères anatomiques et physiologiques propres à la femme -2- Ensemble des traits psychologiques considérés comme féminins.


« Propres » à la femme; « considérés » comme féminin. Par qui? Par soi-même? Par les autres, la société?

On se rend compte à quelle point cette définition, cette notion, est subjective. Elle dépend de quand, où et à qui on parle.


En fait, cette définition n’est est pas une. Elle est plutôt un cadre, tel un texte à trous que chacun(e) pourrait compléter avec ses propres perceptions et conceptions de ce qui fait qu’une femme est femme.


À la suite d’un diagnostic de cancer du sein, la question de la féminité devient incontournable, du discours des professionnels de la santé, à celui de l’entourage, en passant par les brochures sur le sujet.


« On va toucher à votre féminité »; « Tu vas faire quoi pour rester féminine? »; « Au moins, la reconstruction va te permettre de retrouver ta féminité »; sont autant de phrases rapportées par des femmes après une mastectomie.


Ces commentaires supposent qu’une part de féminité est perdue et qu’elle devrait être retrouvée. Cela amène à se questionner sur la place qu’on accorde aux seins dans notre perception de la féminité, et nous avons tous un avis et des préjugés sur le sujet.


Lorsque vient la question de la reconstruction ou le choix du port d’une prothèse mammaire externe, les femmes se questionnent sur ce qui leur ferait se sentir le mieux. De nombreux facteurs peuvent influencer leur décision. Et si, pour certaines femmes, le choix se présente comme une évidence, pour d’autres, il est le fruit d’une longue réflexion.


Cette réflexion ramène notamment au rapport qu’une personne entretient avec son propre corps, à l’image qu’elle a d’elle-même, mais aussi à l’image qu’elle pense ou veut projeter, à celle qu’elle projette effectivement et à celle qu’on lui renvoie.


En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) a écrit dans un rapport de recommandations sur la symétrisation mammaire que « la disparition du sein n’entraîne pas inéluctablement un vécu de manque ou la sensation d’un vide à combler, comme pourrait le laisser entendre un préjugé répandu qui fait de la femme un être indissociable de ses seins ».


En effet, contrairement aux idées reçues, après une mastectomie, la reconstruction mammaire ne va pas de soi pour toutes les femmes et les monopoitrines et poitrines à reconstruction à plat sont de plus en plus revendiquées.


Comme le dit la Société canadienne du cancer (SCC), qui a depuis peu ajouté une section à son site pour parler du choix de « Garder son sein plat » : « l’essentiel, c’est de se sentir à l’aise dans son corps et avec les sensations qu’il procure ».


Au final, la réponse à la féminité est une réponse personnelle et on doit laisser chaque femme définir sa propre féminité, se l’approprier et l’embrasser.


L’idée est donc de prendre conscience collectivement et individuellement de nos perceptions et de nos préjugés, de comprendre qu’ils nous appartiennent afin de ne pas les projeter inconsciemment sur les autres.


J’emprunte ma conclusion à l’un des 4 accords toltèques (maintenant 5), qui est « Ne jamais faire de supposition » :

Ne jamais supposer comment quelqu’un se sent ou devrait se sentir dans son corps ou vis-à-vis de son image corporelle et éviter les commentaires non sollicités sur l’apparence physique.

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